Cacao durable : le projet de norme internationale passe à table

Cacao durable : le projet de norme internationale passe à table

Cacaoyères vieillissantes, problématiques environnementales, pratiques agricoles disparates… La filière du cacao doit répondre à de nouveaux défis. Pour assurer une production durable, les pays producteurs et consommateurs de cacao ont élaboré ensemble un projet de norme volontaire internationale. Commentez-le jusqu’au 18 novembre 2016.

Depuis 2012, le projet de norme volontaire internationale sur le cacao durable mijote. Grâce à l’œil avisé d’experts venus des quatre coins du monde, il a été concocté avec des ingrédients clés : des recommandations pour mettre en place un système de management de la durabilité, des critères de durabilité et des exigences pour assurer la traçabilité des fèves récoltées.

La norme internationale ISO 34101 est composée de trois parties. « Elles sont intimement liées les unes aux autres et ont le même objectif : développer la production du cacao durable et traçable dans le monde », explique Fabien Castanier, membre de la commission AFNOR et directeur du pôle adhérents et performance syndicale en charge des sujets environnement et développement durable à Alliance 7, la fédération des produits de l’épicerie et de la nutrition spécialisée.

La future norme vient de franchir une étape importante : ses trois parties sont proposées à l’enquête publique. Vous êtes chocolatier, producteur de cacao, acheteur ? Découvrez les trois volets du projet et donnez votre avis en ligne, gratuitement, avant le 18 novembre.

Accompagner le travail des planteurs

Avant de se lancer dans des actions précises pour produire du cacao plus durable, les organisations de planteurs sont invitées à établir un système de management. C’est ce que propose la première partie de la norme. « Etape par étape, l’organisation du producteur va construire un système d’organisation propre à son fonctionnement. Elle identifiera les ressources dont elle a besoin, veillera à la qualification de son personnel, à sa stratégie… Un tel outil permettra de mettre en musique et de donner de la cohérence aux actions » », explique Joseph Larrose, membre de la commission de normalisation AFNOR et directeur du département approvisionnement durable de Touton, entreprise spécialisée dans la commercialisation de matières premières agricoles tropicales telles que le café et le cacao. « Il était essentiel que les producteurs participent à l’élaboration de la norme qu’ils utiliseront demain », poursuit-il.

Dans sa deuxième partie, la norme délivre les critères à respecter pour produire un cacao durable. « Elle propose une grille d’objectifs précisant les bonnes pratiques à respecter par les producteurs », précise Fabien Castanier.

Enfin, la troisième partie de la norme traite de la traçabilité des fèves de cacao durable. En effet, que deviennent-elles après la récolte ? « Les consommateurs sont de plus en plus intéressés par l’origine des produits proposés. Les professionnels du secteur ont donc travaillé ensemble pour établir des exigences en matière de traçabilité des fèves produites durablement », explique Fabien Castanier.

Ainsi, en bout de chaîne, on sait précisément le chemin parcouru par les fèves récoltées, de leur départ en bateau pour l’export à leur transformation en chocolat.

« Cette norme va changer la donne pour les acteurs désireux de s’engager dans la production durable. Six chocolatiers mondiaux ont d’ores et déjà décidé de commercialiser un cacao 100 % durable d’ici à 2020. La norme volontaire va les accompagner dans la réussite de cet objectif », apprécie Joseph Larrose.

Un consensus établi entre cultivateurs et consommateurs

L’aventure normative a débuté à l’échelle européenne. « A l’origine du projet, il y avait deux objectifs : d’une part, répondre aux demandes des consommateurs européens pour un cacao plus durable, notamment dans les pays du Nord, et d’autre part, éviter une pénurie de fèves sous l’effet de la consommation asiatique et de l’arrivée en fin de vie de nombreux cacaoyers », explique Sandrine Espeillac, cheffe de projet AFNOR Normalisation et secrétaire de la commission française sur le cacao et les produits à base de cacao.

Sauf qu’à l’échelle européenne, les pays producteurs d’autres continents ne pouvaient pas participer. Les travaux se sont alors élargis. « Les principaux pays producteurs comme le Ghana, la Côte d’ivoire, le Nigéria, le Brésil ou encore l’Indonésie ont pu participer aux discussions et prendre part à l’élaboration de cette norme qu’ils utiliseront sans doute demain », soulignent Fabien Castanier et Joseph Larrose.

La France s’est également mobilisée en faveur d’une norme volontaire réaliste et accessible tant aux pays développés qu’aux pays en voie de développement. Les différentes parties de la norme présentent des exigences soutenues mais atteignables. Il ne vous reste plus qu’à commenter le projet. Et cela, jusqu’au 18 novembre prochain !

> Fèves de cacao durable et traçable – Partie 1 : Exigences relatives aux systèmes de management de la durabilité – PR NF EN ISO 34101-1…

> Partie 2 : Exigences de performance (relatives aux aspects économiques, sociaux et environnementaux) – PR NF EN ISO 34101-2…

> Partie 3 : Exigences de traçabilité – PR NF EN ISO 34101-3…

> En savoir plus sur la commission de normalisation AFNOR « Cacao et produits à base de cacao »…

© krmk/ Fotolia



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