Prévention du dopage et alimentation – Une norme AFNOR pour apporter de la confiance aux sportifs

A la veille des Jeux Olympiques et du Tour de France, AFNOR publie une norme française relative à la fabrication de compléments alimentaires et autres denrées destinés aux sportifs. Elle s’inscrit dans la prévention du dopage pilotée par le ministère des Sports, de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la Vie associative. Pour les consommateurs, une mention apposée sur l’emballage attestera que l’industriel s’est engagé à suivre la norme NF V 94-001 pour les protéger de tout dopage.

Cette norme est le résultat tangible d’un travail mené entre les industriels agroalimentaires et les parties concernées par la lutte contre le dopage, en lien avec le contexte actuel de l’alimentation du sportif. Elle permet aux industriels, qui adoptent la norme, de valoriser leurs bonnes pratiques auprès de leur clientèle.
En complément d’une alimentation équilibrée et diversifiée, toute personne faisant du sport, susceptible ou non de participer à une compétition, peut consommer des aliments tels que des boissons énergétiques, poudres, barres énergétiques, compléments alimentaires, etc.

Différentes études1 attestent que certains de ces produits, provenant notamment de pays tiers et/ou achetés sur Internet, peuvent contenir des substances dopantes. Outre les conséquences potentiellement néfastes pour la santé, leur utilisation peut conduire à rendre positif un contrôle antidopage, et donc entraîner une sanction à l’encontre de tout sportif contaminé.

Quelles sont les substances concernées ?

La liste des substances interdites est publiée chaque année par l’Agence mondiale contre le dopage2 et est reprise tous les ans par l’Agence Française de Lutte contre le Dopage, avec une publication dans la règlementation française.
La norme, dans une approche pragmatique, recommande à l’industriel d’identifier les substances qui concernent ses produits et de vérifier que les ingrédients qu’il utilise n’en contiennent pas.

Les exigences de la norme

Parmi les exigences clés de la norme, l’industriel s’engage à conserver les échantillons des produits finis pour aider les autorités compétentes, en cas de suspicion de non-conformité détectée, une fois le produit mis sur le marché.
La norme propose aussi des bonnes pratiques pour sélectionner les ingrédients, choisir les fournisseurs et organiser la fabrication des produits. Elle aide aussi à prévenir toute contamination fortuite, lors de la fabrication et du transport des ingrédients et des produits finis.

Une mention sur les produits

Les fabricants qui décideront d’adopter cette norme et de suivre ses exigences pourront l’indiquer aux consommateurs par une mention spécifique, sous leur entière responsabilité : « le produit est conforme à la date de libération du lot, à la norme AFNOR NF V 94-001 ».

Pourquoi une norme ?

Le Ministère des sports a sollicité AFNOR pour élaborer cette norme, animé par la volonté de valoriser les meilleures pratiques existantes afin qu’elles soient proposées à la communauté des industriels fabricants d’aliments destinés aux sportifs. La voie normative a ainsi permis d’associer, dans le cadre d’une démarche collective et sur la base d’un consensus, un grand nombre d’organismes* qui ont adopté des exigences relatives à la conception, au développement et à la fabrication non seulement des compléments alimentaires, mais également des autres denrées alimentaires destinés aux sportifs. Cette approche volontaire va dans le sens de mesures édictées au niveau international3 tout en renforçant la démarche qualité des industriels concernés. Un développement de cette norme au niveau européen, porté par AFNOR (2ème contributeur au niveau du Comité Européen de Normalisation – CEN), pourrait être envisagé, à la demande du Ministère des Sports.

Pour accéder à la norme…

* Grands institutionnels, professionnels de la santé, du sport et de l’agroalimentaire ont contribué à l’élaboration de la norme NF V 94-001 :

La norme NF V 94-001 « Prévention du dopage dans le sport – Compléments alimentaires et autres denrées alimentaires destinés aux sportifs – Bonnes pratiques de développement et de fabrication visant l’absence de substances dopantes » résulte d’un travail collaboratif. Le ministère des Sports a contacté AFNOR début 2011 pour constituer un groupe de réflexion regroupant les personnes déjà impliquées dans le Ministère des Sports, comme l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD), l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES), la Direction Générale de la Concurrence de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) et la Direction Générale de la Santé (DGS), le Syndicat Français de la Nutrition Spécialisée (SFNS), SYNADIET (Syndicat National des Compléments Alimentaires) et la société WALL. D’autres organismes associés par AFNOR sont venus étoffer la commission de normalisation pour assurer une représentativité des intérêts : Alliance 7, Chemtox, CHU de Toulouse, Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), Eurofins Pharma Quality Control, Fédération Française d’Athlétisme, Fédération Française de Cyclisme, Fédération Française d’éducation Physique et de Gymnastique Volontaire, Fédération française d’Etudes et de Sports sous-marins, Fédération Française de Football, Fédération Française d’Haltérophilie, Musculation, Force Athlétique et Culturisme, Fédération Française de Motocyclisme, Fédération Française de Triathlon, Fédération Française des Sports de Glace, Ingredia, Institut Phytoceutic, Laboratoires INELDEA, Naturex Spain SL, Oxsitis, Roquette Frères, SCL Laboratoire Île-de-France, Société Française de Masso-Kinésithérapie du Sport, Société Française de Médecine du Sport, Société Française de Nutrition du Sport (SFNS).

Qu’est-ce qu’une norme ?

Etablie par un organisme reconnu, une norme est un document de référence qui fournit des caractéristiques et des règles pour les activités ou leurs résultats. Consensus entre l’ensemble des parties prenantes d’un secteur, elle est d’application volontaire et donc différente de la règlementation dans 98% des cas. Les normes permettent d’harmoniser les pratiques et de définir un niveau de qualité et de sécurité, notamment des produits ou services.

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1 L’article suivant publié en avril 2011 dans le « British Journal of Sport Medicine » donne les références de publications de résultats d’études portant sur les denrées destinées aux sportifs et le dopage : A–Z of nutritional supplements: dietary supplements, sports nutrition foods and ergogenic aids for health and performance—Part 19 L M Burke, S J Stear, A Lobb, M Ellison, L M Castell – Br J Sports Med 2011;45:5 456-458 doi:10.1136/bjsm.2011.084988

2 Pour consulter la liste substances interdites publiée au journal officiel…

3 La présente norme s’inscrit dans le cadre de mesures édictées au plan international par le Conseil de l’Europe (convention contre le dopage du Conseil de l’Europe de 1989) et l’UNESCO (par la convention internationale contre le dopage de 2005, introduite en droit français par l’effet conjugué de la loi N°2007-129 du 31 janvier 2007 qui en autorise la ratification et ratifié par le décret n°2007-503 du 2 avril 2007).



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