Management environnemental : l’ISO 14001 a vingt-cinq ans

Management environnemental : l’ISO 14001 a vingt-cinq ans

© Getty Images/bankrx

Initiée en 1996, la norme volontaire ISO 14001 s’est imposée comme un socle phare partout dans le monde pour piloter un système de management environnemental (SME). Vingt-cinq ans après, faut-il se préparer à la réviser ? Donnez votre avis.

Destruction de la couche d’ozone, protocole de Kyoto, scandales écologiques… La décennie 1990 a marqué un début de prise de conscience environnementale dans la société. A l’époque, le sujet ne fait pas encore les grands titres les journaux, mais du côté des acteurs économiques, les premières réflexions apparaissent sur la nécessité de contribuer à l’effort et de s’organiser, en interne, pour limiter ses propres impacts.

C’est ainsi que naît le concept de système de management environnemental (SME), pendant, côté écologique, des systèmes de management de la qualité (SMQ) qui ont déjà leur propre norme volontaire, ISO 9001. Pour les SME, l’ISO lance ses premiers travaux dès 1991, avec un comité dédié (ISO/TC 207/SC 1, sous animation britannique encore aujourd’hui), qui rassemble les experts du sujet, dans l’objectif d’élaborer un guide pour outiller entreprises et institutions. Chaque pays membre travaille sur le projet, et tous approuvent une version finale du texte en 1996 : c’est la norme volontaire ISO 14001. Reprise en Europe et en France, elle est aujourd’hui commercialisée sous le nom de NF EN ISO 14001 dans la collection AFNOR.

ISO 14001 : bâtir une démarche écologique et le montrer

« On ne s’en rend plus compte aujourd’hui, mais quand la première version d’ISO 14001 a vu le jour, la publication avait un caractère hautement innovant, raconte Lina Ismail, cheffe de projet chez AFNOR, qui suit la thématique du management environnemental en lien avec l’ISO/TC 207. Pour la première fois, un référentiel reconnu partout dans le monde fixait des principes fondateurs de développement durable. En évoluant avec son temps, il s’est imposé comme un sésame incontournable. » Avec son temps, c’est-à-dire au fil des révisions : 2004, 2015, et peut-être 2022 ?

Vingt-cinq ans plus tard, plus aucun acteur économique ne conteste l’idée qu’il faille s’occuper de ses impacts environnementaux et le démontrer, qu’il s’agisse d’entreprises, de collectivités ou d’institutions. En externe d’abord, pour prouver ses bonnes pratiques face à la concurrence et montrer patte blanche (ou plutôt patte verte) dans les appels d’offres. En effet, nombreux sont les donneurs d’ordres à exiger de leurs fournisseurs, prestataires et sous-traitants la possession d’un certificat attestant que leur SME répond aux exigences d’ISO 14001. En interne ensuite, pour mobiliser ses équipes, créer une dynamique autour d’un enjeu sociétal, mais aussi maîtriser ses risques.

ISO 14001, évolutive, moderne, universelle

« L’une des forces d’ISO 14001 réside dans son aspect universel, confirme Vincent Morisset, président de la commission de normalisation française couvrant ce référentiel. Les entreprises de toutes tailles, de tous secteurs d’activité et de tous endroits peuvent s’y retrouver. Le texte permet à chacune d’identifier et de maîtriser ses impacts sur l’environnement, pour ensuite évaluer la pertinence de prendre des mesures concrètes, dans une logique d’amélioration continue. » « ISO 14001 a démystifié l’idée qu’une politique environnementale serait l’apanage des grands groupes. Cette norme montre au contraire que toutes les structures peuvent se l’approprier », appuieLina Ismail.

La grande révision de 2015 introduit un nouveau principe : en plus de l’obligation de moyens que les organisations se donnent en appliquant la norme (elles doivent donc se doter d’un système de management), le texte les oriente vers une obligation de résultats : elles sont maintenant incitées à démontrer que leur performance environnementale s’améliore. « Ce changement de paradigme a considérablement renforcé ISO 14001 », martèle Vincent Morisset.De plus, l’approche en termes de cycle de vie a apporté un nouveau souffle à la norme, qui se diffuse dans toutes les strates de l’organisation : la direction et le responsable qualité ne sont plus les seuls concernés ! « Les managers, notamment ceux sur le terrain, sont en première ligne pour mener des actions concrètes et sensibiliser leurs équipes aux bonnes pratiques. En inscrivant l’environnement au cœur de la stratégie de l’entreprise, ISO 14001 conduit à des actions en profondeur », observel’auditriceMarie-Hélène Amétrano, qui depuis 1999 effectue des audits de certification dans les entreprises revendiquant un système de management environnemental conforme à la norme.

ISO 14001 : une révision en 2022 ?

Mi-septembre 2021, l’Organisation internationale de normalisation lance une grande consultation auprès des utilisateurs de la norme pour mieux comprendre l’usage, les atouts mais aussi les limites du référentiel. Et voir s’il y a lieu de le réviser, comme en 2004 et 2015. Les résultats, attendus en janvier 2022, serviront de point de départ aux débats que chaque pays membre de l’ISO mènera pour déterminer la pertinence d’une révision. Vous pouvez compter sur AFNOR pour animer ces échanges avec vous et construire une position française claire et consensuelle.



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