Professionnels du bien-être, exercez relax avec les normes volontaires

Professionnels du bien-être, exercez relax avec les normes volontaires

Sophrologie, thalassothérapie, clubs de remise en forme… De nombreuses activités gravitent autour du bien-être. Mais la qualité des prestations n’est pas toujours au rendez-vous et de nouvelles disciplines émergent. Pour cadrer les méthodes et définir les bonnes pratiques, les professionnels font d’eux-mêmes appel aux normes volontaires. Avec l’aide d’AFNOR.

Spas, tourisme de bien-être, sophrologie, cure de thalasso, soins de beauté… Aujourd’hui, prendre soin de soi se conjugue à l’infini, autant dans la sphère physique que dans la sphère psychologique, avec ou sans approche médicale. Devant l’augmentation de l’offre et la diversité des pratiques, le consommateur est parfois perdu. Même le vocabulaire n’est pas stabilisé : d’un acteur à l’autre, une discipline ne recouvre pas la même réalité.

Pour poser le cadre, définir les bonnes pratiques, instaurer un langage commun, et au bout du compte inspirer confiance, il existe un outil méconnu : la norme volontaire. Dans l’imaginaire collectif, la norme renvoie une image de dureté, voire d’enfermement, aux antipodes de la notion de bien-être. Mais il faut savoir dépasser cette contradiction apparente pour apprécier les vertus de la normalisation. D’autant que la norme ne vient pas d’en haut : ce sont les professionnels eux-mêmes qui viennent à AFNOR élaborer la norme…. à leur demande !

Une nouvelle commission de normalisation AFNOR sur la sophrologie

La chambre syndicale de la sophrologie a fait cet exercice il y a deux ans (lire aussi l’interview de sa présidente en encadré). « Le tour de table est en train de se constituer, de manière à ce que l’intérêt général soit parfaitement représenté ; place maintenant aux premières réunions de la toute nouvelle commission de normalisation sur le sujet », indique Amy Michel, cheffe de projet qui animera la première au nom d’AFNOR le 31 janvier 2019. Vous êtes dans le secteur ? Rapprochez-vous d’AFNOR pour y participer !

Entre autres acteurs réunis, des praticiens bien sûr mais également d’autres partenaires en lien avec la profession, comme des assureurs. « Même si la probabilité de litige ou d’aléas avec un client est faible en sophrologie dans la mesure où il n’y a pas de contact physique, nous devons pouvoir circonscrire les risques liés à la profession. Cette norme va aider en ce sens », témoigne Marie Clerc, agent général chez Axa, qui a signé un contrat groupe avec la Chambre Syndicale de la Sophrologie pour assurer ses membres au titre de la responsabilité civile professionnelle. Aujourd’hui, les seuls critères dont disposent les assureurs pour assurer un sophrologue reposent sur un numéro de Siret, une preuve d’adhésion à la Chambre syndicale de la sophrologie, et un certificat ou un diplôme. La norme permettra, demain, d’affiner les garanties au plus près des spécificités et des besoins du métier de sophrologue.

Salles de remise en forme : des normes pour cadrer les bonnes pratiques

Sur le marché du bien-être, entreprendre une démarche de normalisation peut alors être un atout de différenciation. Pour les établissements de remise en forme, le champ d’application de la norme porte aussi bien sur la conception (locaux, installations, matériels, etc.), que sur l’exploitation (prestations de coaching, suivi personnalisé, etc.). Elle offre donc un précieux éclairage pour l’adhérent quant à la prestation proposée. Mais une norme volontaire n’est jamais totalement figée. Évolutive par nature, elle est régulièrement révisée pour prendre en compte les innovations du marché, les équipements de fitness dernier cri, ou encore de nouvelles exigences d’hygiène et de sécurité.

D’ailleurs, la norme volontaire française, qu’AFNOR a élaborée à l’initiative du ministère des Sports en 2011 sous l’intitulé XP S52-412, évoluera prochainement en norme européenne. Et si vous rejoigniez la commission qui porte le projet ? Ce futur texte, qui sera libellé NF EN 17229, classera les salles de remise en forme en trois catégories selon le niveau d’encadrement proposé. Il précisera également les exigences de fonctionnement, des informations à fournir aux adhérents, allant même jusqu’à cadrer l’utilisation de compléments alimentaires proposés à la vente. Ainsi, la salle de sport fraîchement normée pourra être en mesure de garantir des produits de qualité, sans effets secondaires et dépourvus de molécules dopantes. Un gage supplémentaire de confiance pour les usagers, sportifs de haut niveau comme usagers occasionnels.

Sport-santé : bientôt des normes volontaires comme garde-fou

Dans le secteur du bien-être, la diversité des acteurs et les nouveaux usages sont tels que le passage par la norme ne peut qu’être bénéfique, afin de parler le même langage, de partager les bonnes pratiques. L’engouement pour l’aromathérapie, une discipline du bien-être basée sur l’utilisation d’arômes issus des plantes, en est une autre illustration. Si la vente des huiles essentielles est libre, leur utilisation n’est pourtant pas sans risque. Au fil du temps, plusieurs documents normatifs élaborés par les professionnels du secteur sous l’égide d’AFNOR ont permis de bâtir un référentiel qualité des produits, de la production à la vente, pour une meilleure utilisation thérapeutique et sans danger pour la santé (voir aussi encadré 2).

Pour Florent Giraud, chef de projet normalisation chez AFNOR, « la norme accompagne à sa manière les nouveaux enjeux de société ». Faire de la prévention une exigence de santé publique est aujourd’hui fondamental. C’est le cas du sport-santé, encore trop inexploré. Le récent décret relatif au sport sur ordonnance (1er mars 2017), qui permet aux professionnels de santé de prescrire une activité physique adaptée à la pathologie de leurs patients, met en lumière les attentes du secteur de la santé pour ordonner des prestations auprès de praticiens ou établissements respectueux des normes d’hygiène, de qualité et de sécurité. Là aussi, la norme volontaire pourrait jouer son rôle de garde-fou.

De nouveaux travaux normatifs sur l’hypoxie

À mesure que de nouvelles pratiques apparaissent, le besoin de normalisation augmente. C’est souvent l’absence d’un cadre réglementaire qui motive les professionnels à se rapprocher d’AFNOR pour légitimer leur activité et la développer. C’est ainsi que récemment, un concepteur de chambres hypoxiques basé dans les Hauts-de-France a contacté l’équipe normalisation. La technique consiste à simuler l’altitude, l’appauvrissement en oxygène permettant d’optimiser les performances de l’individu. Utile, pour le sport de haut niveau, mais aussi pour d’autres activités de loisirs et de bien-être : l’hypoxie se présente comme un moyen de développer le souffle pour augmenter l’énergie, améliorer la qualité de sommeil et diminuer le stress de la vie quotidienne. « Pour cette entreprise, l’intérêt d’une norme attestant des bienfaits de la prestation prend tout son sens », explique Grégory Berthou, responsable développement pour les marchés des biens de consommation, des sports et des loisirs à AFNOR, qui a instruit la demande. Ce spécialiste aurait pu également citer le secteur des spas de bien-être, qui ont aussi eu recours à la normalisation. Ou la thalassothérapie, activité dont une norme publiée en 2014 a limité l’appellation aux soins à base d’eau de mer, pour ne pas induire l’usager en erreur.

Qu’elles portent sur la qualité d’accueil, la qualité de service, les compétences ou encore l’hygiène et la sécurité, les professionnels des soins de bien-être veulent des exigences partagées et consignées dans un document qui fasse consensus : la norme volontaire. Comme, d’ailleurs, leurs collègues de la beauté, qui ont compris l’intérêt des travaux de normalisation pour aider au développement de nouvelles pratiques comme le stylisme ongulaire, le stylisme des cils ou encore le maquillage permanent. Qualité, sécurité, confiance : le trio gagnant de la normalisation !

3 questions à…. Catherine Aliotta, présidente de la Chambre syndicale de la sophrologie

Pourquoi consacrer une norme au métier de sophrologue ?

Les métiers qui ont trait au bien-être, et en particulier la sophrologie, répondent à un enjeu de société et de santé publique. Les praticiens de santé s’appuient fréquemment sur la sophrologie pour gérer la douleur et le stress de leurs patients. Ils sont alors eux-mêmes prescripteurs et la sophrologie représente un complément bénéfique aux traitements. Peu à peu, le besoin de poser plus de « règles » afin de définir un référentiel métier s’est imposé pour répondre aux attentes des pouvoirs publics, des médecins généralistes, des entreprises d’assurance mais aussi bien sûr des professionnels et du grand public.

Norme et bien-être sont-ils compatibles ?

Sans cadre, la qualité d’une prestation est difficilement mesurable. C’est pourquoi il est essentiel de définir, entre autres, les bonnes pratiques du sophrologue et sa posture idéologique. Contrairement à un médecin, le sophrologue ne pose aucun diagnostic et ne prescrit aucun traitement. L’individu est invité à travailler sur lui-même, mais cela ne dispense pas d’encadrer ce que le praticien va proposer pendant son accompagnement. La technique de la sophrologie remonte aux années 1960 et a beaucoup évolué. Au départ, il s’agissait d’une vision thérapeutique visant le développement de l’individu ; certains la pratiquent toujours comme cela aujourd’hui alors que d’autres lui donnent une dimension plus spirituelle. On pourrait très bien imaginer que la norme spécifie ce qui n’appartient pas au rôle du sophrologue ou encore ce qu’il ne doit pas proposer.

Les bienfaits d’une norme profitent-ils à tous ?

Le développement d’une norme peut toujours susciter quelques craintes. Toutefois, la communauté de la sophrologie (9 100 professionnels dans notre syndicat) accueille globalement ce projet avec enthousiasme. La norme est attendue, sinon nous n’aurions pas sollicité AFNOR. Un récent sondage que nous avons commandité à BVA (réalisé en novembre 2018 auprès d’un échantillon de 973 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus n’ayant jamais pratiqué la sophrologie) a d’ailleurs révélé que sa création inspirait confiance et envie. Il est donc essentiel que nous arrivions à un consensus pour guider les professionnels dans l’exercice de leur activité et rassurer les praticiens.

 

Normes et aromathérapie, une histoire bien huilée

Diffusées, ingérées ou bien appliquées directement sur la peau, les huiles essentielles préservent et renforcent notre bien-être. L’aromathérapie est elle aussi une discipline friande de normalisation. « Pour chaque type d’huile et d’arôme, la norme propose plusieurs critères tels la composition ou l’origine des matières premières végétales (‘thym type France’, ‘orange douce type Espagne’, etc.). Et cela, par souci de qualité, d’efficacité mais également pour lutter contre les fraudes », indique Laura Solaroli, cheffe de projet qui anime la commission de normalisation AFNOR sur ce sujet. La demande de normalisation est souvent le fait des fabricants eux-mêmes. Aujourd’hui, 135 normes sont déjà référencées dans des secteurs aussi différents que la parfumerie et les cosmétiques, l’industrie alimentaire ou pharmaceutique, les produits d’entretien, les parfums d’ambiance ou encore les applications phytosanitaires. Une diversité de secteurs pour qui la norme apparaît alors un véritable gage de confiance, a fortiori lorsqu’elle est internationale. À ce titre, la commission de Laura Solaroli suit les travaux du TC 54 de l’ISO.

Pour en savoir plus :

> Rejoindre la commission de normalisation AFNOR sur la sophrologie

> Rejoindre la commission de normalisation AFNOR sur les huiles essentielles

> Rejoindre la commission de normalisation AFNOR sur les salles de remise en forme

> Acheter la norme volontaire XP S52-412 sur les salles de remise en forme

> Acheter la norme volontaire NF EN ISO 3218 sur les huiles essentielles

> Acheter la norme volontaire NF X50-843 sur les spas de bien-être

> Acheter la norme volontaire XP X50-844 sur la thalassothérapie



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