Pêche « durable » : bientôt une norme volontaire

Pêche « durable » : bientôt une norme volontaire

Le fléau de la pollution plastique dans les océans est en partie dû aux engins de pêche. En réaction, plusieurs pays européens, dont la France sous l’égide d’AFNOR, préparent une norme volontaire sur la pêche durable. Explications.

Les chiffres en attestent : la pollution plastique des océans s’est mue en un véritable fléau. Chaque année, entre 4,8 millions et 12,7 millions de tonnes de plastique s’échouent dans les océans. Selon la fondation Ellen McArthur, d’ici à 2050, ces derniers pourraient compter plus de matières synthétiques que de poissons (source Parlement européen)… Parmi ces déchets figurent 640 000 tonnes annuelles de matériel de pêche (filets, lignes, gilets de sauvetage, etc.), perdu en mer et composé en partie de plastique (source : Les Echos). Les poissons en avalent d’importantes quantités, qu’on retrouve ensuite dans la chaîne alimentaire.

Tout comme de nombreux autres secteurs de production, la pêche a vocation à devenir durable. Tout est question de bonnes pratiques, et surtout de bonnes pratiques partagées. « Les Pays-Bas ont initié un projet de norme volontaire en ce sens, explique Thierry Bergier, responsable développement chargé du sujet chez AFNOR Normalisation. Le futur texte concerne les engins de pêche non polluants pour les océans, puis couvrira à terme aussi le respect des ressources halieutiques. Ce projet vise à circulariser la pêche, depuis la conception du matériel jusqu’à son recyclage. Cela va aussi permettre d’être en phase avec la législation européenne, suite à l’entrée en vigueur le 2 juillet 2019 de la directive Single Plastics Use (SUP). » Sachant que deux normes ISO complémentaires sont en cours de préparation : « Empreinte carbone des produits de la mer » et « Réduction et traitement des déchets sur les bateaux de pêche ».

Norme pêche durable : les professionnels autour de la table

Les discussions autour de ce projet de norme volontaire pour la pêche durable ont récemment démarré, réunissant quinze pays européens, dont la France, qui a créé sa propre commission AFNOR. Y participent les acteurs principaux du monde hexagonal de la filière pêche : le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins (CNPMEM) pour les pêcheurs, Coopération Maritime pour la pêche artisanale, et France Filière Pêche pour les sociétés de pêche et les distributeurs.

Même si être plus propre s’avère toujours plus cher et se traduit par un risque de moindre compétitivité par rapport aux acteurs moins vertueux, les professionnels de la pêche n’ont aucun intérêt, bien au contraire, à accentuer la pollution majoritairement due aux déchets plastiques d’origine terrestre. Comme le précisent les trois représentants de la filière pêche au sein de la commission de normalisation française, « l’activité de pêche maritime dépend étroitement de la qualité du milieu naturel, laquelle influence la vie sauvage et notamment l’état des ressources halieutiques. La pollution plastique dégrade l’environnement marin et génère donc un impact direct et indirect sur toutes nos activités ».

Norme pêche durable : lister les bonnes pratiques

L’une des vertus des échanges entre professionnels et acteurs du secteur travaillant à l’élaboration d’une norme volontaire est d’identifier les bonnes pratiques. Le secteur de la pêche française a pris conscience depuis longtemps du fort enjeu de la pollution marine. Cela s’est traduit par de nombreuses actions, dont une étude pour mieux connaître la gestion et le gisement des engins de pêche usagés (PechPropre, PechPropre 2, Recypech), ou encore la participation à des campagnes de collecte et de recyclage comme celles proposées par WFO-France Macro-déchets ou ReSeaclons. La filière pêche apporte aussi son concours à de nouvelles démarches comme Upcycling The Oceans, et soutient les organismes développant des solutions de recyclage des matières des engins de pêche (Fil & Fab, Intermas, Noostrim, etc.).

Par ailleurs, le secteur participe activement à des démarches expérimentales d’écoconception des matériels de pêche. Le but ? Rendre ceux-ci biodégradables et/ou biosourcés (FIBIO, TEFIBIO, INdIGO, FILALTIQ, etc.) et s’assurer qu’ils terminent leur vie en compostage industriel. De quoi alimenter la réflexion lors des prochaines étapes de travail sur la future norme volontaire. Rendez-vous le 15 avril 2021 pour une web conférence sur le sujet !



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