Clavier français : point d’étape sur le projet de norme AFNOR

Après cinq mois de travail et avant la présentation du projet attendu à la fin de l’été 2016, de nombreuses pistes de travail alimentent le groupe de travail créé pour définir un nouveau modèle de clavier français. Tour d’horizon.

Après cinq mois de travail et avant la présentation du projet attendu à la fin de l’été 2016, de nombreuses pistes de travail alimentent le groupe de travail créé pour définir un nouveau modèle de clavier français. « L’attention portée au projet est clairement positive, se réjouit Philippe Magnabosco, chef de projet en normalisation. Nos homologues belges vont s’impliquer pour que leur modèle de clavier soit compatible avec celui qui se dessine en France. Nous recevons des propositions d’amélioration très diverses, ainsi que des messages demandant de ne rien changer. Les positions sont très tranchées. Reste à savoir maintenant ce que les membres du groupe de travail retiendront ».

Sollicitée fin 2015 par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France (ministère de la Culture), AFNOR a constitué un groupe de travail pour définir un nouveau modèle de clavier AZERTY. L’objectif fixé est clair : répondre aux besoins dactylographiques de notre temps en augmentant les possibilités d’écriture, pour permettre à chacun d’écrire selon ses préférences et selon les règles qu’il s’impose.

Autoriser l’accentuation et les cédilles sur les majuscules, le e dans l’a (æ) ou dans l’o (œ), rendre l’arobase (@) plus accessible sur un clavier de PC… « Il y a aussi des demandes sur le placement de la ponctuation et des attentes de la communauté des développeurs informatiques » ajoute Philippe Magnabosco. Des ambassadeurs du modèle BÉPO sont également engagés. Ils militent pour des changements drastiques. Sera-t-il possible de satisfaire toutes les chapelles ? « Comme pour toutes les normes, AFNOR tiendra la plume et restera neutre, c’est aux membres du groupe de travail de s’accorder. Mais ce qui se dessine sera innovant, c’est certain », affirme-t-il. Ce projet croise d’ailleurs une initiative internationale sur le clavier virtuel. Si les objets sont différents, les réflexions sont menées de concert, puisque le groupe de travail AFNOR y contribue également.

L’utilisateur aura le choix

La norme AFNOR sera d’application volontaire. Elle proposera un nouveau modèle de clavier que les fabricants pourront adopter s’ils le souhaitent. De nouveaux modèles pourraient alors mis sur le marché et les utilisateurs seront libres de les acheter, ou de conserver leur clavier. Les donneurs d’ordres pourront également, pour les marchés publics par exemple, imposer que les claviers respectent la future norme AFNOR.

Les prochaines étapes

Deux sessions de travail sont déjà planifiées le 20 mai puis le 16 juin. Point intéressant : les hypothèses de changements seront progressivement évaluées par l’université Aalto, membre du groupe de travail AFNOR. Elle testera, avec un modèle mathématique, les agencements de lettres qui sollicitent le moins les mains et réduisent les risques de troubles musculo-squelettiques.

Le projet se poursuivra pendant l’été avec pour objectif de présenter en enquête publique un texte, avec les évolutions proposées, en septembre 2016. « Nous anticipons un grand nombre de commentaires, puisque les propositions seront accessibles à tous sur le site norminfo.afnor.org. Des réunions de dépouillement seront organisées et tous les contributeurs seront invités », annonce le chef de projet. La norme pourrait alors être finalisée début 2017 et mise à disposition des fabricants.

D’ici là, tout un chacun peut avoir un aperçu du projet en suivant le mot-dièse #clavierfrançais sur Twitter. « J’y réalise régulièrement des sondages pour évaluer la perception des propositions du groupe de travail. Tout n’y est pas évoqué mais cela donne un aperçu des débats en cours », ajoute Philippe Magnabosco.

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