Boxes d’abattage : objectif hygiène et bien-être animal

Boxes d’abattage : objectif hygiène et bien-être animal

boxes d'abattage

Les fabricants de boxes utilisés dans les abattoirs viennent de mettre à jour la norme volontaire sur le sujet. Le texte définit de nouvelles règles concrètes pour prendre en compte l’hygiène et le bien-être des animaux dans la conception du matériel.

C’est un sujet devenu incontournable. Les vidéos tournées en caméra cachée dans différents abattoirs puis largement diffusées sur internet interrogent régulièrement l’opinion publique sur la question du bien-être animal. Et les professionnels saisissent le sujet à bras le corps !

En premier lieu les industriels qui fabriquent le matériel utilisé, comme les boxes d’abattage. « La norme volontaire sur le sujet datait de plus de trente ans, rappelle Arnaud Robert, secrétaire de la commission en charge des équipements agro-alimentaires à l’UNM (Union de normalisation de la mécanique, le bureau de normalisation sur le sujet, opérant par délégation d’AFNOR). Il était temps de mettre le référentiel à jour avec deux priorités : la sécurité des opérateurs et le bien-être animal. »

Syndicat professionnel, représentants des ministères concernés et membres de la filière ont planché pendant plus de deux ans sur le sujet, pour aboutir à un texte unique en son genre : la NF U66-053. « Nous intégrons pour la première fois de façon complète les dispositions du règlement européen de 2009 sur le bien-être animal, jusque-là intégré au cas par cas. Aucun pays n’est allé aussi loin que la France dans cette démarche », souligne Arnaud Robert.

NF U66-053 : des dispositions pour protéger l’animal

Plusieurs aspects très concrets figurent dans le texte. « Quand l’animal se trouve dans le chenal qui le conduit au box, l’équipement devra être conçu pour empêcher l’animal de voir celui qui le précède être abattu, détaille Fabrice Chevaleyre, délégué général de l’AMICS, le syndicat professionnel des fabricants. Nous avons aussi établi des règles autour des contentions, pour éviter que l’animal ne soit balancé ou ne heurte les parois lorsqu’il est attaché. »

La version européenne de la norme française est déjà à l’étude, dans l’enceinte du Comité européen de normalisation (CEN/TC 153/ WG 14). Des pays d’Europe du nord s’y intéressent de près. Tous les équipements issus des usines qui auront décidé de l’appliquer disposeront ainsi des mêmes caractéristiques, quel que soit l’endroit où le bétail est abattu en Europe. Comme le fait la NF U66-053 à échelle française, le futur texte prendra en considération les réglementations bruxelloises en vigueur concernant la sécurité machine (directive 2006/42/CE) et le bien-être animal (règlement UE1099/2009). « La version européenne de la norme vaudra présomption de conformité à ces textes : qui appliquera la norme EN sera supposé de facto respecter ceux-ci, précise Fabrice Chevaleyre. Le matériel ainsi normalisé fera partie des leviers pour éviter les images désastreuses qui circulent. Mais le management et la sensibilisation des opérateurs au bien-être animal joueront aussi une part essentielle. L’équipement n’est qu’une branche de l’arbre des causes. »

NF U66-053 : présomption de conformité

L’objectif à présent : poursuivre le travail. « La NF U66-053 porte essentiellement sur les bovins et les équidés. Nous devons élargir la réflexion aux caprins, aux ovins, aux volailles et aux poissons pour disposer d’une palette globale de solutions », souligne Arnaud Robert. D’autres équipements, comme le pistolet d’assommage, font actuellement l’objet d’une révision normative. « Les industriels s’emparent vraiment du sujet, conclut Fabrice Chevaleyre. C’est une étape importante, mais insuffisante pour garantir le bien-être animal. Les règles vétérinaires, par exemple, s’engagent aussi dans cette démarche. »

> Acheter la norme volontaire NF U66-053

© Getty Images/Kypros



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